Parents, novembre 2001

L'association "Peau à Peau"

Ce samedi de septembre, à la séance d'information de l'asbl "Peau à Peau", deux animatrices expliquaient les avantages du portage. Et surtout montraient, dans la bonne humeur, comment employer une série de porte-bébés issus de tous les coins du monde. Rencontre avec Sandrine et Ingrid.

Deux passionnées sur le pont
Sandrine Fraikin, 24 ans, a une formation d'éducatrice. Maman d'une petite Zoé de deux ans, elle porte sa fille, dans l'écharpe, depuis un an. Ingrid van den Peereboom est à la tête d'une tribu de cinq enfants, âgés de 10 ans à 18 mois. Sa rencontre avec le portage? "J'avais déjà testé une série de porte-bébés: aucun ne m'a vraiment séduite. Par hasard, j'ai découvert l'écharpe porte-bébé en Allemagne, voici cinq ans, je l'ai essayée... et adoptée avec mon quatrième et, ensuite, mon cinquième enfant."

Une jeune association pleine de promesses
"Peau à Peau" est née il y a un an? Nous organisons des séances d'information sur le portage (écharpe, porte-bébé, pagne, hamac, etc.) et, à l'occasion de réunions séparées, sur l'allaitement. Ingrid est également répondante à Infor Allaitement depuis 7,5 ans. "Peau à Peau" existe grâce à différentes personnes motivées. Notre objectif est favoriser les rencontres autour du portage, de permettre à toute personne intéressée(*) d'essayer les diverses méthodes disponibles sur le marché. Notre but est d'abord d'informer, afin que chacun puisse ensuite effectuer un choix personnel..." L'association est uniquement gérée par des bénévoles.
(*c'est-à-dire les mamans et les papas de bambins âgés entre 0 et 3 ans mais aussi les futures mamans, les grands-parents, les professionnels de l'enfance, les puéricultrices, les gardiennes, ...)

Quels avantages?
"Lors de cette séance d'information, les (futures) mères présentes avaient, pour la plupart, testé certains porte-bébés mais en avaient été souvent déçues. Ou n'osaient pas l'utiliser, par crainte de mal y positionner le tout-petit. A moins qu'elles ne se plaignent des parties rigides des techniques "soi-disant" modernes. Sandrine explique que "plus le produit est sophistiqué, avec boucles et fermetures, moins il est 'sur mesure'. La simple écharpe, issue du Guatemala, s'adapte, grâce à ses doubles noeuds, à toutes les morphologies, à tous les poids..." Pendant trois heures, Ingrid et Sandrine ont expliqué les avantages ont montré comment mettre les écharpes, nous ont fait essayer le pagne ou le hamac, nous ont installé bébé et poupée sur le dos, les hanches, le ventre. Le tout dans la bonne humeur, les sourires et la complicité...

Une écharpe pleine de ressources
"Pas question d'utiliser n'importe quel morceau d'étoffe! Les écharpes proposées sont fabriquées en coton bio et les colorants sont dépourvus de métaux lourds. Indispensable lorsqu'on voit que bébé s'y sent tellement bien qu'il tête le tissu! L'écharpe est également composée en fibres naturelles, gardant l'odeur de l'adulte, et reprenant sa forme initiale sans se détendre.

Propos recueillis par Michèle Rager

retour

Le Ligueur, 24 octobre 2001

D’intimes retrouvailles
Porter son enfant dans le monde, pour qu’il l’appréhende concrètement, à partir de l’endroit le plus sûr qui soit, c’est possible. Le porte-bébé, instrument de survie des petits enfants depuis l’origine de l’humanité, rend leur mobilité aux pères et aux mères d’aujourd’hui, et les réintroduit au cœur de la vie sociale. Pas étonnant dès lors que la Ligue des Familles, qui œuvre à la construction d’une société parent(s) et enfant(s) admis, ait ouvert ses portes, depuis bientôt un an, à des rencontres porteuses d’avenir…

Quelques gestes de base
Le but des séances d’information sur le portage données par l’asbl Peau à Peau, en partenariat avec la Ligue des Familles, est d’informer très concrètement les (futurs) parents, et toute personne concernée par la prime enfance.

Ces séances durent 3h et se déroulent en trois temps. Tout d’abord, l’échange. Chacun a l’occasion d’exprimer ses attentes, d’évoquer son expérience personnelle (parfois acquise sous d’autres latitudes). Vient alors la découverte de systèmes conçus pour un portage dans le dos et sur la hanche - hérités de diverses traditions africaines, asiatiques et sud-américaines – qui permet aux participants de se rendre compte des origines multiples des positions réalisées avec leurs versions actuelles. Enfin, la pratique, avec des hamacs porte-bébés faciles à ajuster et des écharpes tissées, conçues pour soutenir les poids plumes et les petits costauds, répartir leur poids sur tout le buste de l’adulte porteur, en épousant les formes. Les futurs parents portent des poupées, observent les réactions des parents et enfants présents, voire se voient "prêter"un bébé par une maman, le temps d’un essai… Les bébés découvrent un nid douillet, les mamans se détendent…

La mémoire du corps joue ici un grand rôle: les bras dansent bientôt d’eux-mêmes une chorégraphie ancestrale, sans que l’on ait vraiment à y songer. Bientôt, un petit bonhomme sera installé à la tibétaine sur le dos de papa en un instant pour se rendre à la crèche, ou un petit bout de femme de trois mois s’assiéra à table, dans l’écharpe, sur les genoux de maman, participant au repas de ses grand-frères.

Y a-t-il des risques?
Oui! Ceux de mieux se connaître, se comprendre, se nourrir mutuellement – de lait, et de vitamines m et t: mouvement et toucher! En portant son enfant, on lui présente un étonnant éventail de nourritures sensorielles. On prend, ensemble, des repères positifs La vie va son train, et l’enfant n’est plus passager clandestin. Il peut y être admis , grand comme papa et maman, au cœur de l’action, sans être continuellement le centre de celle-ci.

On risque aussi d’apprendre à se faire confiance. A oser installer sur soi un porte-bébé fait uniquement de tissu. A oser tendre ce tissu, à sentir son enfant tout contre soi, comme un vêtement qui suivra le moindre de nos mouvements, par exemple après le travail, pour faire les courses en chantant, dansant, ou jouant à cache-cache sous l’écharpe, en improvisant. Nul besoin pour papa d'armatures de métal, plus "masculines", plus "fortes" en apparence qu'un bout de tissu doux et chaud, et très résistant à la fois, pour s’autoriser à porter son enfant. Bébé léger, comblé par ce bercement naturel qui prévient bien des larmes, ou apaise en rappelant l’odeur de maman-qui-reviendra-bientôt.

Nous craignons parfois de gâter nos enfants, de nous laisser envahir par eux, et d'ainsi perdre le contrôle de la situation. Peur d'être mangé - peur de se perdre? La question de la liberté accourt au galop. Et les sentences de pleuvoir: «il va vous grimper sur  la tête!»; «vous n’en ferez rien de bon!» L'image du bébé porté, le contact intime que cela suppose renvoient chacun à lui-même, à son vécu et ses désirs de tendresse. Et si, au contraire, l'intimité était source de liberté? Et si l'enfant porté, que nous apprenons à connaître dans ses mouvements et respirations, était un petit moteur en plus, avec nous et non contre nous, dans notre camp, au lieu de nous supplier d'arrêter nos activités pour répondre à ses attentes? Apprendre à porter son enfant, c’est se laisser approcher par ce petit – ou grand – être, qui vient se lover contre nous. C’est, en quelque sorte, l’adopter à chaque fois. Mais ce n’est pas être esclave de son enfant pour autant.

Les demandes des petits à être contenus, bercés, emportés… varient au fil du temps. Ils vont prendre leur envol, revenir, repartir, cent fois recommencer. Le portage peut se pratiquer de façon ponctuelle ou fréquente, pour des moments courts ou longs, en fonction de soi-même et de son enfant. Il n'y a pas de prescription particulière sinon l'écoute de ses besoins, de ceux de son enfant, de son agenda, du temps qu'il fait, de la vaisselle qui attend, du repas à préparer pour toute la famille. On peut porter son enfant dans des positions très variées, et ce de la naissance (même prématurée) à trois ans, voire plus. Priorité est donnée aux systèmes confortables en continu, permettant d’installer seul(e) son enfant, y compris dans le dos. De plus, un enfant peut être porté par plusieurs personnes et apprécier un grand nombre de postures, de démarches, d'odeurs, de voix... Le portage d’un enfant peut donc prendre fin tout naturellement, lorsque les envies de chacun ont été comblées – et non parce que le porte-bébé ne suit plus!

Comment s'étonner alors que les enfants portés, ne fût-ce qu'une demie-heure par semaine, réalisent des progrès dans la maîtrise de leur corps? Qu'ils en connaissent les possibilités et les explorent avec assurance?

---

Une jeune maman qui porte ses enfants témoigne: "lorsque l'on me dit que je les prends trop dans les bras, j'ai envie de répondre qu'on ne récolte que ce que l'on a semé. Je me suis rendue compte que l'on confond souvent les causes et les effets en ce qui concerne les enfants. Les gens disent que si l'on porte trop les enfants, ils deviennent capricieux et pleurent pour qu'on les prenne dans les bras. Ce serait parce qu'on les prend trop dans les bras qu'ils pleurent. Alors que les enfants pleurent parce qu'ils en on besoin. Parce qu'ils déchargent des tensions et des stress inévitables. S'ils sont proches des parents dans des situations stressantes pour des petits (magasins, réunions de famille, transports en commun...) ils ressentent beaucoup moins le stress et profitent bien plus du "paysage". Il y a encore bien des choses à dire, dont on ne peut se rendre compte qu'en les vivant."

Ingrid van den Peereboom

retour

En Marche, 6 septembre 2001

Peau à Peau: séances d’information sur le portage
A essayer avant ou avec bébé!

Un corps à corps, des mouvements qui se répondent, une chaleur partagée, des bercements naturels, une ébauche de dialogue et de connaissance mutuelle, une liberté retrouvée. Pour s’éveiller à la vie en douceur – les bébés portés pleurent moins - et en toute sécurité – un porte-bébé adéquat favorise, le développement du bassin et des hanches.

L’asbl Peau à Peau vous propose de tester les porte-bébés qui vous tentent: porte-bébés venus d’Afrique, d’Asie et d’Amérique, hamacs et écharpes porte-bébé.

Séances d’information de 3 heures, en collaboration avec la Ligue des Familles. Une brochure, des affiches, des cartes postales, et un site internet bourré de photos sur le portage et l’allaitement.

retour

Le Ligueur n° 49, 13 décembre 2000

Allaiter et porter son enfant: un plaisir à partager!

Parce que les (futurs) parents qui choisissent l'allaitement pour leur enfant méritent d'être écoutés dans leur recherche d'information et encouragés dans leur démarche, l'asbl "Peau à peau" propose des rencontres avec les (futures) mamans et des séances d'information sur l'allaitement maternel ainsi que sur les mille et une manières de porter son enfant...

Ingrid Van Den Peereboom

La régionale de Liège de la Ligue des familles a choisi de s'associer à cette initiative, qui non seulement informe mais en outre valorise, par l'organisation des séances, les contacts humains, développe des moments privilégiés entre parents et enfants, et poursuit ainsi deux objectifs qui sont aussi deux des lieux de rencontre de la Ligue des Bébés. Un premier pas vers la création d'un nouveau lieu de rencontre à Liège…
Soucieuse de répondre aux besoins des jeunes familles en respectant leurs pratiques et leurs contraintes, mais aussi leurs réalités sociales, culturelles et économiques, souhaitant valoriser des techniques de "portage des bébés" simples, peu coûteuses, mais riches pour la relation parents/enfants, la Régionale de Liège accueille donc, dans ses locaux, ces séances d'information, d'une durée de deux heures chacune. Elle remplit ainsi sa mission de relais d'accueil, d'écoute, d'information et d'action locale pour un public familial.

Porter son bébé: quoi de plus naturel?
Et pourtant… nous portons peu nos bébés, non par manque d'envie, mais par manque d'information. Les porte-bébés sophistiqués même s'ils offrent un bon soutien à l'enfant ne sont pas toujours bien ajustés, le poids du bébé se répartissant mal sur le corps de l'adulte. Les porte-bébés les plus simples sont souvent les plus confortables, tant pour l'adulte que pour l'enfant. Porter son bébé et déambuler des heures avec lui en toute aisance ne serait donc plus réservé aux mamans des autres continents?
En Belgique, si vous rêvez de déambuler librement, bébé "incorporé", l'asbl "Peau à peau" vous y aide en vous proposant de tester les porte-bébés qui vous tentent: hamac, pagne (comme au Bénin, par exemple), m'boutou ou jengamaï comme au Sénégal, slendang comme au Guatémala, écharpe ou cylindres en jersey, porte-bébé dorsal chinois, vietnamien ou écharpe porte-bébés.
Les mamans allemandes ont pris pour modèle les mamans sud-américaines. Elles installent leur bébé en deux temps, trois mouvements dans de grandes écharpes qu'elles portent sur le ventre, la hanche ou le dos. Elles peuvent ainsi poursuivre leurs activités, les mains libres, tout en maintenant le contact avec leur enfant, même tout petit.
Cette écharpe allemande est en coton biologique, naturel ou teinté sans produits toxiques, tissé de façon à augmenter le confort des deux partenaires. Quelques nœuds "enseignés" par une personne expérimentée et voilà bébé confortablement installé pour partir à la découverte du monde. En Allemagne, cet apprentissage est prodigué par les sage-femmes.

Des bienfaits du porte-bébé
Ces différents types de porte-bébés permettent un contact étroit et confortable avec l'enfant et assurent aux parents une mobilité tous terrains, tout en offrant à l'enfant chaleur et battements de cœur. Eté comme hiver, ce mode transport en commun est une garantie de caresses et de bercements naturels. L'enfant a, de plus, l'occasion de répondre au mouvement par le mouvement, et exerce très tôt ses muscles. Les hanches sont bien placées, et certaines coliques soulagées. Installé dans le dos, l'enfant découvre le monde, et l'on sent tout son corps se détendre le long de son dos. Avant les autres, on perçoit qu'il est au bord du sommeil.
Le portage présente donc une foule d'avantages (communication parent-enfant, équilibre, tonicité, psychomotricité de l'enfant, aspects pratiques) dont le principal est sans aucun doute le plaisir de bouger ensemble. En anglais, on parle même de porter son enfant comme un vêtement (wear). On est en corps à corps avec l'enfant, une grande surface de contact permet une bonne répartition du poids de l'enfant sur le corps de l'adulte, et donc un portage nettement plus long, si on le désire. […]"

retour

Le Soir, jeudi 8 février 2001

Enfance

Liège/Namur/Bruxelles: Des formations pour les jeunes mamans

Le plaisir de porter son bébé contre soi

En partenariat avec la Ligue des familles, l'ASBL "Peau à peau" enseigne des techniques originales de "portage" inspirées des traditions africaines et sud-américaines.

PHILIPPE BODEUX

Porter son nouveau-né tout contre son ventre, emmailloté dans un large tissu et du coup pouvoir se mouvoir en toute liberté dans son espace de vie ou de travail: un rêve pour beaucoup de jeunes mamans. Inspiré des méthodes africaines et sud-américaines qui permettent notamment aux femmes de travailler aux champs tout en ayant son enfant contre soi, le portage fait petit à petit son apparition dans nos sociétés.

Aux antipodes de l'armada des poussettes, sac à dos rigides et autres techniques modernes qui tendent à séparer le gosse de sa mère: C'est le message récurrent qui passe dans notre société, explique Ingrid qui, avec Sandrine a créé l'ASBL "Peau à peau" et donne des formations en partenariat avec la Ligue des familles.

Ce mardi, c'est à Liège qu'une dizaine de jeunes mamans essaient les différentes façons de porter leur bébé. En bandoulière façon berceau - position pratique pour allaiter - , assis contre le ventre de la maman ou encore dans le dos. Quelques tours de tissu aux fibres - biologiques- bien résistantes autour du torse et des épaules, des croisements judicieusement placés pour soulager le dos et un nœud serré sur les hanches: le tour est joué.

Faire la cuisine, se balader ou lire un livre avec son bébé
Ce portage vous permet une plus grande liberté de mouvements qu'une structure indépendante, que ce soit pour faire la cuisine, lire un livre, se balader ou jouer de la musique, explique Sandrine aux mamans qui attendent patiemment avec leurs mômes les premiers tours d'écharpes afin de porter leur bébé au "corps à corps". Le bébé est comme un cavalier sur un cheval, poursuit la formatrice qui montre la position la plus sécurisante, celle où le bébé est mis contre sa mère, les jambes de part et d'autre de son ventre. Cela donne des enfants très musclés avec un bon équilibre qui marchent assez tôt et, qui plus est, ne reposent pas sur leurs parties génitales. Sans compter que l'on décode directement ses besoins.
Séduites les - futures - mamans? Je trouve ce contact direct intéressant, je m'apprête à maîtriser la technique pour ma petite fille, déclare une jeune mamy à côté de sa fille Caroline enceinte. Si j'avais connu cette technique pour mon premier, j'aurais pu être beaucoup plus à l'aise dans ma vie de tous les jours, remarque une autre maman.

Culturellement, il y a encore beaucoup de réticences, enchaîne Ingrid, formatrice. Lorsque je déambule dans la rue avec mon enfant de deux ans et demi "emballé" dans des tissus de couleur on me dévisage comme si j'étais une "romanichelle". Pourtant le meilleur moyen de rendre triste un enfant c'est de ne pas le toucher ni le caresser.

retour